L’écartelage, ou l’écriture de l’espace d’après Pierre Faucheux

L’écartelage, ou l’écriture de l’espace d’après Pierre Faucheux, ouvrage collectif dirigé avec Catherine Guiral et Brice Domingues, textes de Thierry Chancogne, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral, Jérôme Faucheux, Laurence Moinereau et Sonia de Puineuf, Paris, B42 ; Toulouse, isdaT, 2013. [+]



Pierre Faucheux (1924-1999) a été l’une des figures majeures de l’édition française au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Renouvelant largement ce champ du design graphique, il traversa la seconde moitié du XXe siècle en y laissant des empreintes multiples qui sont autant d’expérimentations revisitant les avant-gardes ou s’inscrivant dans les courants artistiques de son époque. En marge de son atelier, il développa un travail visuel constitué de collages et d’« écartelages » photographiques. Enfin, il consacra également sa carrière à l’architecture, en s’associant aux projets de divers architectes ou en élaborant des aménagements muséaux et des scénographies d’expositions.
Faucheux concevait l’architecture comme une écriture et la mise en livre comme un travail architectural : écrire l’espace et être un architecte du livre, tel fut le grand écart qu’il se proposa de tenir tout au long de sa carrière. À partir de cette notion d’écart, qu’il fit sienne à la suite de Charles Fourier puis des surréalistes, cette publication, qui fait suite à une recherche menée au sein de l’institut supérieur des arts de Toulouse, propose d’approfondir la connaissance critique du travail de Pierre Faucheux.

Culture Club

« Culture Club, une discussion autour des clubs du livre entre Alex Balgiu, Thierry Chancogne, Jérôme Dupeyrat, Damien Gauthier et Catherine Guiral », The Shelf Journal, n°2, 2013. [+]


La majorité des personnes participant à cette discussion sont graphistes, tous sont enseignants, tous portent un intérêt au « phénomène » des Clubs qui démarrèrent au sortir de la seconde guerre sur un modèle importé des États-Unis pour finalement péricliter au milieu des années soixante. Vingt années durant lesquelles les Clubs se multiplièrent, proposant sous forme d’abonnement jusqu’à 4 livres par mois. L’objectif était de constituer une bibliothèque pour l’honnête homme alors que beaucoup de foyers avaient perdus leurs ouvrages durant le conflit mondial. Rééditions d’œuvres classiques, de romans appréciés mais aussi l’occasion pour les éditeurs de proposer de nouveaux auteurs, à un rythme soutenu. L’une des spécificités de l’offre de ces Clubs était de proposer des éditions « demi-luxe » conçue par un graphiste (alors appelé maquettiste) dont certains comme Faucheux ou Massin (pour citer deux noms emblématiques du graphisme français d’après-guerre) firent leurs premières armes au sein de ces Clubs avant de poursuivre une brillante carrière au-delà. 45 ans après leur quasi disparition, l’on perçoit un regain d’intérêt pour ces ouvrages que l’on retrouve chez un vieil oncle, dans les bacs de bouquinistes ou sur les étals des vides-greniers. Nombreux sont les graphistes qui aujourd’hui les regardent de près, les considèrent comme des réalisations exemplaires ou parfois même y font référence dans leur propre production. Quel intérêt ont-ils à tel point que des expositions leur sont aujourd’hui consacrées ?