Entretiens : Perspectives contemporaines sur les publications d’artistes, Rennes, éditions Incertain Sens, 2017, 312 p. Entretiens avec Laurence Aëgerter, antoine lefebvre editions, Pierre-Olivier Arnaud, Ludovic Burel, Claude Closky, Daniel Gustav Cramer, documentation céline duval, Ben Kinmont, Sharon Kivland, Stéphane Le Mercier, Sara MacKillop, Mazaccio & Drowilal, Jonathan Monk, Julien Nédélec & Éric Watier, Camila Oliveira Fairclough, Michalis Pichler, Hubert Renard, Joachim Schmid, Yann Sérandour, David Shrigley, Derek Sullivan, Batia Suter et Nick Thurston.    [Acheter]



Ce livre réunit vingt-trois entretiens avec vingt-cinq artistes qui font de l’édition une pratique artistique. Dans un contexte où les publications d’artistes suscitent l’intérêt de nombreux acteurs du champ de l’art, il s’agit d’offrir des perspectives contemporaines sur ce phénomène, marqué par une tension entre des positionnements alternatifs et la recherche d’une reconnaissance institutionnelle. Les propos des artistes sollicités ont ainsi été collectés afin de dessiner un panorama des publications d’artistes aujourd’hui, et pourront être lus au regard d’un double questionnement : quels sont, parmi les outils qui ont permis de penser la pratique du livre d’artiste ces dernières décennies, ceux qui restent opérants pour en comprendre les manifestations actuelles ? Quels sont les enjeux qui semblent spécifiques à ces manifestations récentes et quelle est la nature des évolutions dont ils témoignent, en lien avec un contexte élargi de l’art et de l’édition ? Bien que les pratiques actuelles n’induisent pas une remise en cause radicale des hypothèses et des arguments proposés jusqu’à ce jour au sujet des publications d’artistes, ces entretiens suggèrent des enjeux formulés différemment, et donnant lieu à de nouvelles attitudes. Ce sont ces dernières dont ce livre rend compte, à travers un matériau de première main.

Florilège vol.1 : Sangama, une proposition de Raffaella della Olga, Jérôme Dupeyrat, Camila Oliveira Fairclough et Angeline Ostinelli, en partenariat avec *DUUU radio, Paris, 27-30 avril 2017. [+] [+]



« Florilège, vol 1. Sangama » est une publication vivante dont le premier volume prend pour titre le nom d’un indien Yine d’Amazonie. Au début du XXe siècle, Sangama détourna les livres des colons européens pour les utiliser comme des supports d’interprétations et de visions inspirées de rituels chamaniques.
« Florilège » est une programmation de lectures, performances, projections, propositions dont les formes et les formats ouverts ont en commun d’actualiser, de partager et de transmettre des textes et des publications auprès d’une communauté éphémère.

Jeudi 27 avril
17h — Axelle Stiefel, Ouvrir avec son corps un espace pour le mot, lecture amplifiée
18h — Benoit Sanfourche, Relecture en définitive
19h — Émilie Pitoiset, Résister, lecture performée
20h — Loos’ Ass de gerlach en koop présenté par Yann Sérandour

Vendredi 28 avril
17h — Karina Bisch & Nicolas Chardon, The Art of Connoisseurs, discours
17h30 — Hélène Bertin, Réhydratation (2013), sculpture et infusion de plantes
18h — Hannah Weiner, Clairvoyant Journal, 1974, lecture proposée par future
19h — Hugo Pernet, Sept preuves d’amour, lecture
20h — Oliver Augst, MODÈLE KLOSSOWSKI pour rhythm composer TR-707

Samedi 29 avril
14h — Eric Watier, The scans collection, projection
15h — Claude Closky, Color me, éd. Sémiose, 2017, séance de coloriage
16h — Pierre Paulin, lecture
17h — Laurence Cathala, Les Exergues, lecture-projection
18h — Alex Balgiu et Olivier Lebrun, Bibliomania — John Form, récit
19h — Antoine Dufeu & Valentina Traïanova, Le lux est parti en vrille, Katran et Chroniques bretton-woodsiennes, lectures
20h — Carte blanche *DUUU Radio

Dimanche 30 avril
14h — Virginie Yassef, Dépourvus de paupières, les poissons sont tenus en éveil par la lumière, spectacle avec Ferdinand Perez et Ryu Braflan, Anthony Gérard pour le son
15h — Esther Ferrer, Questions avec réponses, performance
16h – 18h — Quiproquo, troc d’éditions d’artistes
18h30 — Madeleine Aktypi, fodd, fodder, lancement/lecture
19h — Lancement de la revue Turpentine 5

Du 27 au 30 avril
Franck Leibovici, Lettres de Jérusalem, spam, 2012, lecture improvisée par le public
Arlène Berceliot Courtin, Deux trois choses que je sais d’elle, texte sous pli
Quiproquo #3, exposition des ouvrages participants au troc d’éditions

[Photos ci-dessus : Madeleine Aktypi / Alex Balgiu et Olivier Lebrun]

« L’Exposition des livres d’artistes, ou son impossibilité », exPosition, mai 2016, n°1. [+]



Exposer des livres est un exercice dont l’issue est souvent décevante, aussi bien pour les spectateurs-lecteurs que pour les commissaires d’expositions, les auteurs, les éditeurs ou encore les graphistes. Dans le cas des livres d’artistes, l’exposition est un mode de visibilité qui s’avère d’autant plus insatisfaisant qu’à bien des égards, il entre en contradiction avec les valeurs inhérentes à cette pratique éditoriale. Parce qu’il relève de l’art, le statut de ces publications incite pourtant à les exposer, comme en témoigne la programmation des diverses institutions artistiques dévolues à cette pratique, ou plus largement les nombreuses expositions qui lui ont été consacrées au cours des dernières décennies – et plus particulièrement ces dix à quinze dernières années – dans des musées, des galeries, des centres d’art, ou encore à l’occasion de salons d’édition.

« L’Art exposé, l’art édité », The Shelf, n°4, mars 2016, pp. 96-111. [+]



Lieux d’exposition et bibliothèques, œuvres exposées et publications, diffèrent le plus souvent du point de vue de leurs espaces, de leurs formes, de leurs statuts et de leurs modes d’existence. Pourtant, la pratique de l’exposition et celle de l’édition entrent souvent en correspondance. Une installation, une série photographique, une inscription murale ou un livre, peuvent être ainsi autant de versions d’un même projet artistique qui ne s’informe ni dans un médium exclusif ni à travers des limites matérielles définitives. Cette non-clôture de l’œuvre, qui favorise la variabilité des propositions artistiques en de multiples formes, formats et supports, est un héritage de l’art conceptuel, dans la mesure où celui-ci produit une différenciation de l’œuvre et de ses matérialisations possibles.

Programmation et commissariat des expositions de la galerie Préface avec Naïs Calmettes, Rémi Dupeyrat et Julie Martin, septembre 2015-juin 2016.



  • « Second œuvre », avec Thomas Cristiani et Antoine Roux, Liam Gillick, Lucie Laflorentie, Claude Rutault, That’s Painting, Éric Watier, Lawrence Weiner [+]
  • Camila Oliveira Fairclough [+]
  • Chloé Munich & Vincent Lalanne, « Le Mat » [+]
  • Bevis Martin & Charlie Youle, « Thought Plants » [+]
  • Rabih Mroué [+]
  • Olympia Press [+]

« Publishing Art », Journal of Artist’s Books, n°37, avril 2015, pp. 32-33. [+]

The growth of artist’s books in the 1960s and 1970s has to be viewed in relation to the forms and procedures of the art of that time, but also according to the desire to find an alternative to institutional contexts or art dealers. This will of the artists comes as much from necessity as choice: necessity, because the institutions of that time were showing little interest in recent works, which challenged the values of art established over the preceding decades; and choice, because the same institutions were the guardians of those very values, which is why the artists had to get out of their clutches, and set up alternative art institutions. But art institutions aren’t the only things that artist’s books called, and still do call, into question. Although it might be accidental, these publications also constitute an alternative to normal ways of publishing.

Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives [Thèse de doctorat sous la dir. de Leszeck Brogowski], Rennes, Université Rennes 2, 2012.

Cycle de conférences Art & Edition : « Tracts, ephemera, (e)mail art, etc. : dissémination discrète », École supérieure d’art des Pyrénées – site de Pau, 2 avril 2012.


Des avant-gardes jusqu’à aujourd’hui, certaines formes et certains supports d’édition éphémères et/ou précaires s’affirment entre fonction informative et manifestations artistiques.
Empruntant les modèles de la communication politique et publicitaire tout en en détournant les codes et les objectifs, il s’agit de médias alternatifs – tant par leurs contenus que leurs modes de diffusion – qui opposent à la propagande et à la communication de masse une pratique de l’art discrète, si ce n’est invisible en tant que telle, et pourtant efficiente sur les plans esthétique et politique.