Livres/expositions

« Livres/expositions : Vol.19 de Klaus Scherübel, Title of the Show de Julia Born, et THEREHERETHENTHERE de Simon Starling », FAIRE, N°11, 2018, 20 p. [+]



Ce texte a pour enjeu d’observer et d’analyser comment le travail de certains artistes et designers graphiques se construit dans une relation de réciprocité entre la pratique de l’édition et celle de l’exposition, spécifiquement selon deux modalités : l’exposition conçue comme un processus éditorial, selon un déplacement vers l’espace d’exposition de logiques d’écritures et de mise en forme ayant leur origine dans l’espace du livre ; le catalogue d’exposition considéré comme espace et comme mode d’amplification du travail artistique et curatorial, au-delà des stricts enjeux documentaires et critiques habituellement dévolus à ce type de publications.

Batia Suter, Parallel Encyclopedia

« Parallel Encyclopedia, Batia Suter », FAIRE, N°7, janvier 2018, 20 p. [+]



Depuis la fin des années 1990, Batia Suter collectionne des livres — de seconde main pour la plupart — qu’elle acquière en raison de leur iconographie, de sorte à constituer une banque d’images qui est localisée dans les rayons de sa bibliothèque. L’ensemble est devenu le matériau de base d’une œuvre qui consiste à présenter ces images selon une logique de montage visuel, en leur attribuant de nouvelles modalités d’apparition et donc de nouvelles possibilités d’interprétation. Parallel Encyclopedia est à ce jour le travail le plus conséquent de l’artiste. Mené depuis 2004, il a pris la forme de plusieurs installations et de deux ouvrages imposants édités par Roma publications en 2007 et en 2016. Chaque version du projet se caractérise par l’association de centaines d’images hétéroclites (historiques, artistiques, scientifiques, techniques) regroupées en fonction de liens typologiques et formels. D’un dispositif à l’autre, les modalités de présentation de ces images extraites de livres se renouvèlent : séquençage et sérialité des pages reliées ; constellations ou, au contraire, séquences linéaires d’images reproduites et exposées aux cimaises ; constellations ou séquences linéaires de pages de livres ouverts et déposés sur des supports plans. Bien que les images exposées soient les mêmes, ces diverses possibilités d’exposition en déterminent des lectures différentielles. Au-delà de la fascination qu’un tel projet peut engendrer, ce texte tente d’en saisir toute la complexité. Pour ce faire, le travail de Batia Suter est resitué au sein d’une histoire des pratiques iconographiques qui traverse différents champs d’activités et de connaissance. On s’attache par ailleurs à la trajectoire des images réunies dans Parallel Encyclopedia et aux effets des processus de remédiation auxquels elles sont livrées. Enfin, il s’agit de dessiner une figure de l’artiste en « éditrice » et d’étudier à la fois la fonction du design graphique dans son travail et la place que l’on peut attribuer à ce dernier dans le champ du design graphique, auquel Batia Suter n’appartient pas directement, mais qui traverse ses productions et auquel elle s’est confrontée concrètement dans le cadre de sa collaboration avec le graphiste Roger Willems pour la conception des deux volumes de l’encyclopédie qui, de fait, est aujourd’hui une référence tant pour de nombreux artistes que pour de tout aussi nombreux designers graphiques.

Entretiens : Perspectives contemporaines sur les publications d’artistes

Entretiens : Perspectives contemporaines sur les publications d’artistes, Rennes, éditions Incertain Sens, 2017, 312 p. Entretiens avec Laurence Aëgerter, antoine lefebvre editions, Pierre-Olivier Arnaud, Ludovic Burel, Claude Closky, Daniel Gustav Cramer, documentation céline duval, Ben Kinmont, Sharon Kivland, Stéphane Le Mercier, Sara MacKillop, Mazaccio & Drowilal, Jonathan Monk, Julien Nédélec & Éric Watier, Camila Oliveira Fairclough, Michalis Pichler, Hubert Renard, Joachim Schmid, Yann Sérandour, David Shrigley, Derek Sullivan, Batia Suter et Nick Thurston. [+]



Ce livre réunit vingt-trois entretiens avec vingt-cinq artistes qui font de l’édition une pratique artistique. Dans un contexte où les publications d’artistes suscitent l’intérêt de nombreux acteurs du champ de l’art, il s’agit d’offrir des perspectives contemporaines sur ce phénomène, marqué par une tension entre des positionnements alternatifs et la recherche d’une reconnaissance institutionnelle. Les propos des artistes sollicités ont ainsi été collectés afin de dessiner un panorama des publications d’artistes aujourd’hui, et pourront être lus au regard d’un double questionnement : quels sont, parmi les outils qui ont permis de penser la pratique du livre d’artiste ces dernières décennies, ceux qui restent opérants pour en comprendre les manifestations actuelles ? Quels sont les enjeux qui semblent spécifiques à ces manifestations récentes et quelle est la nature des évolutions dont ils témoignent, en lien avec un contexte élargi de l’art et de l’édition ? Bien que les pratiques actuelles n’induisent pas une remise en cause radicale des hypothèses et des arguments proposés jusqu’à ce jour au sujet des publications d’artistes, ces entretiens suggèrent des enjeux formulés différemment, et donnant lieu à de nouvelles attitudes. Ce sont ces dernières dont ce livre rend compte, à travers un matériau de première main.

L’exposition des livres d’artistes, ou son impossibilité

« L’Exposition des livres d’artistes, ou son impossibilité », exPosition, n°1, mai 2016. [Lire]



Exposer des livres est un exercice dont l’issue est souvent décevante, aussi bien pour les spectateurs-lecteurs que pour les commissaires d’expositions, les auteurs, les éditeurs ou encore les graphistes. Dans le cas des livres d’artistes, l’exposition est un mode de visibilité qui s’avère d’autant plus insatisfaisant qu’à bien des égards, il entre en contradiction avec les valeurs inhérentes à cette pratique éditoriale. Parce qu’il relève de l’art, le statut de ces publications incite pourtant à les exposer, comme en témoigne la programmation des diverses institutions artistiques dévolues à cette pratique, ou plus largement les nombreuses expositions qui lui ont été consacrées au cours des dernières décennies – et plus particulièrement ces dix à quinze dernières années – dans des musées, des galeries, des centres d’art, ou encore à l’occasion de salons d’édition.

L’Art exposé, l’art édité

« L’Art exposé, l’art édité », The Shelf, n°4, mars 2016, p. 96-111. [+]



Lieux d’exposition et bibliothèques, œuvres exposées et publications, diffèrent le plus souvent du point de vue de leurs espaces, de leurs formes, de leurs statuts et de leurs modes d’existence. Pourtant, la pratique de l’exposition et celle de l’édition entrent souvent en correspondance. Une installation, une série photographique, une inscription murale ou un livre, peuvent être ainsi autant de versions d’un même projet artistique qui ne s’informe ni dans un médium exclusif ni à travers des limites matérielles définitives. Cette non-clôture de l’œuvre, qui favorise la variabilité des propositions artistiques en de multiples formes, formats et supports, est un héritage de l’art conceptuel, dans la mesure où celui-ci produit une différenciation de l’œuvre et de ses matérialisations possibles.

documentation céline duval

« documentation céline duval », Critique d’art, printemps/été 2015, n°44, p.104-109. [Lire]



L’archiviste et l’iconographe sont deux figures majeures de la création actuelle, ainsi qu’en attestent publications et expositions depuis une dizaine d’années. Le travail de documentation céline duval s’inscrit dans cette perspective. Depuis 1998, l’artiste a constitué un fonds d’images photographiques composé de ses propres clichés, de photographies amateurs, de cartes postales et d’illustrations de magazines. Penser, classer, se saisir de la dimension plastique de ces images est ce à quoi s’emploie Céline Duval (née en 1974), en s’attachant aux représentations que celles-ci véhiculent et à la possibilité d’une écriture visuelle.

Bibliologie, Livres et éditions d’artistes dans la collection du Frac Haute-Normandie

« Bibliologie, Livres et éditions d’artistes dans la collection du Frac Haute-Normandie », commissariat d’exposition, Frac Normandie Rouen, 2014. [+]



L’exposition « Bibliologie » – terme désignant une « science du livre » – est dédiée aux livres et aux éditions d’artistes, à travers la collection du Frac Haute-Normandie.
Conçus par des artistes qui font du livre un mode de création et de diffusion approprié à leurs intentions artistiques, les livres d’artistes sont pleinement de l’art tout en résultant de moyens d’édition contemporains. Ils se distinguent ainsi des catalogues et des livres d’art, car ils ne sont pas à propos de l’art mais ont par eux-mêmes un statut artistique. De même, ils se distinguent des livres de bibliophilie rares et précieux, car ils ne cherchent pas à esthétiser le livre à l’aide de pratiques et de conventions issues de l’artisanat ou des beaux-arts, mais visent plutôt à déplacer dans le contexte artistique les stratégies de l’édition et la culture du livre.
L’exposition est conçue selon un système de classification en usage dans les bibliothèques : la Classification Décimale Universelle, mise au point au tout début du XXe siècle par Paul Otlet et Henri La Fontaine. Celle-ci permet d’ordonner les livres par grandes familles de connaissances : « Philosophie, Psychologie », « Sciences sociales », « Mathématiques, Sciences naturelles », « Langues, Linguistique, Littérature », etc.
Ce choix, associé à la présence d’une librairie au coeur de l’exposition, vise à affirmer le statut éditorial des publications d’artistes.
Mais parce qu’elles sont aussi des œuvres, qu’il ne faut pas dissocier des autres pratiques des artistes qui en sont les auteurs, l’exposition met également en regard ces éditions d’artistes avec d’autres travaux (photographies, vidéos, lithographies, peintures, etc.) qui offrent un plus large aperçu sur la collection du Frac, à partir des livres qui s’y trouvent.
En réponse au paradoxe d’exposer le livre, qui est déjà son propre moyen de diffusion et d’exposition, et dont la mise sous vitrine nie certaines qualités intrinsèques, le groupe de recherche Édith — constitué d’enseignants et d’étudiants de l’ÉSADHaR — propose une série d’essais vidéos réalisés à partir de certaines éditions exposées. Ces vidéos ne prétendent pas se substituer à leur consultation, mais questionnent la valeur d’usage des éditions d’artistes et leur devenir images en situation d’exposition.

[Lire un article sur l’exposition dans la revue zerodeux]

Le livre d’artiste comme alternative à l’exposition

« Le livre d’artiste comme alternative à l’exposition », in Leszek Brogowski et Anne Moeglin-Delcroix (dir.), Le livre d’artiste : quels projets pour l’art ?, Rennes, Éditions Incertain Sens, 2014, pp. 179-190. [+]



Parmi les qualificatifs qui ont été attribués aux livres d’artistes depuis les années mille neuf cent soixante, celui d’« espace alternatif » (alternative space) est l’un de ceux qui reviennent le plus souvent. Espace alternatif, car dans le contexte artistique, culturel et politique des années soixante et soixante-dix, le livre et l’édition ont constitué pour de nombreux artistes un moyen efficace pour faire exister leur travail sous des formes nouvelles, en dehors des institutions artistiques et/ou marchandes dont les critères esthétiques et commerciaux n’étaient plus, pour un temps du moins, en adéquation avec des démarches telles que celles de l’art conceptuel ou de Fluxus. L’alternative dont il s’agit est en fait une alternative aux modes traditionnels de production et de diffusion de l’art, dont le plus emblématique est l’exposition sous forme d’accrochage d’œuvres d’art dans un lieu dévolu à cet effet, tel que la galerie ou le musée.

Voir également : Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives, thèse de doctorat sous la dir. de Leszeck Brogowski, Rennes, Université Rennes 2, 2012. [Lire]

La quatrième classe

« La quatrième classe » [commissariat d’exposition], avec Robert Barry, Daniel Buren, Julie Marie Cazard, herman de vries, Amélie Dubois, IKHÉA©SERVICES, Jonathan Monk, Claire Morel, Julien Nédélec, Conny Purtill, Yann Sérandour, Laurent Sfar, Nick Thurston], Florence Loewy… by artists, Paris, 23 novembre – 21 décembre 2013.



l’exposition La quatrième classe réunit diverses propositions artistiques liées au livre et à l’édition (livres d’artistes, pageworks, œuvres se référant à un livre, interventions ayant la bibliothèque ou la librairie comme site), qui ont en commun de donner corps à des réalités discrètes ou inframinces dont l’existence procède d’une absence, et la substance d’une vacance. Ces œuvres se fondent sur la matérialisation du vide, sur la désignation paradoxale de choses non perceptibles, sur l’effacement ou sur la soustraction. Chacun de ces gestes a des implications artistiques et politiques spécifiques mais ils ont en commun une économie esthétique qui conjugue le conceptuel au sensible en faisant apparaître ce dernier là où il n’y a pas ou plus ce qui pourrait s’y trouver.

L’édition comme pratique d’exposition alternative

« L’édition comme pratique d’exposition alternative », in Valérie Kobi et Thomas Schmutz (dir.), Les Lieux d’exposition et leurs publics. Ausstellungsorte und ihr Publikum, Berne, Peter Lang, 2013, p.163-186. [+]

Les livres d’artistes se sont développés comme une alternative critique aux modes traditionnels de production et surtout de diffusion de l’art, dont les expositions sont le dispositif le plus emblématique à l’époque contemporaine. En fait, il apparaît que les livres d’artistes se positionnent constamment entre pratiques d’exposition alternatives et pratiques alternatives à l’exposition. C’est cette ambivalence qu’il s’agira ici de mettre en évidence, en étant particulièrement attentif aux conséquences qu’elle implique pour l’économie générale de l’œuvre d’art et les processus de réception esthétique.

Voir également : Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives, thèse de doctorat sous la dir. de Leszeck Brogowski, Rennes, Université Rennes 2, 2012. [Lire]

Emprunts et remédiation

« Emprunts et remédiation », communication lors de la journée d’étude « L’image empruntée : l’artiste comme éditeur », Université Toulouse II-Le Mirail (laboratoire LLA-CREATIS) / Institut supérieur des arts de Toulouse (ISDAT) / musée des Abattoirs, le 24 janvier 2013.

Lorsque les artistes travaillent avec des images empruntées, l’utilisation de ces dernières implique le plus souvent le passage d’un médium et/ou média à un autre : passage d’une forme imprimée à une autre, du livre au web, du web au papier, du papier à l’écran, du cinéma à l’édition, de l’édition à l’exposition, etc. Il s’agit ici d’étudier ces remédiations ainsi que les processus d’adaptation, de traduction et de transposition qui en résultent, afin de saisir quels sont leurs effets sur l’économie et la réception des images.

17 x 5

17 x 5, neuf marques-pages de documentation céline duval, Lefevre Jean Claude, Roberto Martinez, Julien Nédélec, Alexandre Périgot, Hubert Renard, Yann Sérandour, Batia Suter et Éric Watier, édités par Jérôme Dupeyrat, 2012.



Ces marques-pages ont été édités en lien avec la thèse Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives, thèse de doctorat sous la dir. de Leszek Brogowski, Rennes, Université Rennes 2, 2012. [Lire]
Ils forment une exposition au périmètre mouvant, disséminée par des lecteurs dans les livres où ces derniers décident de les placer.

Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives

Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives, thèse de doctorat sous la dir. de Leszek Brogowski, Rennes, Université Rennes 2, 2012. [Lire]



Cette thèse envisage le phénomène du livre d’artiste tel qu’il se développe dans sa relation à la notion et à la pratique d’exposition depuis les années 1960. L’exposition est ici considérée selon un double point de vue : d’une part comme le dispositif institutionnel le plus courant de manifestation de l’art ; d’autre part comme une fonction se rapportant à la visibilité des œuvres. Il apparaît alors que les livres et les éditions d’artistes peuvent s’appréhender entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives. Pratiques d’exposition alternatives dans la mesure où le livre et l’imprimé sont potentiellement des modes de visibilité de l’art ; pratiques alternatives à l’exposition parce que ce moyen de visibilité est très différent de ce que l’on nomme usuellement une exposition. À travers l’étude de cette tension dialectique entre l’édition et l’exposition, il s’agit de préciser quelle est l’économie artistique et quelles sont les conditions de réception esthétique que proposent les livres et les éditions d’artistes, et ainsi de comprendre en quel sens et à l’égard de quelles normes ou de quelles instances ils ont une valeur dite « alternative ». De la sorte, il est également question de la place qu’occupent les livres d’artistes dans le système de l’art contemporain et des effets qu’ils exercent sur celui-ci.

Art & Édition : Livres d’artistes et pratiques d’exposition

Cycle de conférences Art & Édition : « Livres d’artistes et pratiques d’exposition », École supérieure d’art des Pyrénées – site de Pau, 23 janvier 2012.


La pratique du livre d’artiste telle qu’elle se développe depuis les années 1960 constitue une alternative critique aux modes traditionnels de production et de diffusion de l’art, dont les expositions sont le dispositif le plus emblématique à l’ère moderne et contemporaine. Pourtant, de nombreuses éditions d’artistes sont éditées par des lieux d’art à l’occasion de tels évènements. De ce constat paradoxal émerge la nécessité d’étudier de plus près les relations entre pratiques d’édition et pratiques d’exposition dans l’art contemporain. Où il apparaît alors que les livres et les éditions d’artistes se positionnent constamment entre pratiques d’exposition alternatives et pratiques alternatives à l’exposition…

« Exposer/Publier »

« Exposer/Publier », Le Journal des arts, février 2011, n°340, p. 33. [+]



La pratique du livre d’artiste telle qu’elle se développe depuis les années 1960 constitue une alternative critique aux modes traditionnels de production et de diffusion de l’art, dont les expositions sont la forme la plus emblématique à l’ère moderne et contemporaine. Pourtant, de nombreuses éditions d’artistes sont éditées par des lieux d’art à l’occasion de tels évènements. De ce constat paradoxal a émergé la nécessité d’étudier de plus près les relations entre pratiques d’édition et pratiques d’exposition dans l’art contemporain.