OneDayTV

Programmation vidéo avec Charles Atlas, Dara Birnbaum, Jean-Marc Chapoulie, Chloé Munich & Vincent Lalanne, Antoni Muntadas, Nam June Paik, Martha Rosler, Pierrick Sorin, etc., commissariat : Jérôme Dupeyrat et Julie Martin, Trois‿a, Toulouse, 24 novembre 2018. [+]



Conçue sur le modèle d’une grille télé, « OneDayTV » est une programmation vidéo constituée d’œuvres dont certains paramètres sont empruntés à la télévision, qu’il s’agisse de contenus ou de formats (émissions, JT, séries, clips, etc.).

Trois‿a

Programmation artistique et commissariat avec Julie Martin, depuis septembre 2018. [+]



Trois‿a est un espace de travail partagé et de programmation artistique épisodique, situé 3A rue de Turin, à Toulouse. Trois‿a accueille des artistes, designers, critiques d’art et commissaires d’exposition. Actuellement, le lieu est partagé par Jérôme Dupeyrat, Julie Martin, Camille Platevoet, Amandine Rué et Adam Scrivener.
La programmation artistique, conçue par Jérôme Dupeyrat et Julie Martin, se nourrit à la fois d’une curiosité éclectique envers la création contemporaine et de recherches consacrées plus spécifiquement aux relations entre art et média.

Crystal Maze XII – On a télévisualisé un rêve

« Crystal Maze XII — On a télévisualisé un rêve », une proposition de l’agence du doute (Brice Domingues, Jérôme Dupeyrat et Catherine Guiral) avec Camille Platevoet et Maxime Delavet, pour l’exposition « France Électronique » (commissariat : Jill Gasparina), Le Printemps de Septembre (Palais des arts, isdat), Toulouse, septembre-octobre 2018. [+]



« Envoyez-nous vos rêves, nous les filmerons », tel était à l’origine le principe de l’émission « La Clé des songes », imaginée au début des années 1950, par Chris Marker, Charles Serpinet et Jean Kerchbrion, avec à son montage Alain Resnais. C’est cette même invitation que reprend à son compte l’agence du doute pour son Crystal Maze XII.
Le rêve du jour, c’est celui de Suzy, ou peut-être celui de Suzanne. Les personnages sont Denise Glaser et Jacques Antoine, Gérard Marinelli et le professeur Tournesol. C’est le rêve d’une speakerine ou d’un festaiolo des temps récents, à la mémoire riche d’une vaste culture technique des images et d’un tout aussi vaste imaginaire audiovisuel. Par collage et par condensation — comme souvent dans les rêves — s’y mêlent des génériques, des habillages graphiques et des documents témoins du patrimoine télévisuel. Ils composent un mystère d’images, d’objets et d’imprimés produits non plus à l’heure de l’O.R.T.F., mais à l’ère de la « France Électronique » : des images et des documents rêvés, puis rematérialisés dans une installation qui est aussi l’environnement d’une exposition conçue par Jill Gasparina.

La Bibliothèque grise — Ch. 2 : La Réserve

La Bibliothèque grise — Ch. 2 : La Réserve. Une collection proposée à l’usage par
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar, avec la collaboration de Cécile Dumas, Sandra Foltz,
Jean Guillaud, Nicolas Lafon, et alii », Le BBB centre d’art, Toulouse, 24 janvier – 17 mars 2018. [+]



Depuis 2015, Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar mènent en duo le projet La Bibliothèque grise. Cette « bibliothèque » est constituée d’un ensemble de ressources (livres, images, objets) à l’origine d’expositions, d’éditions, de films et de projets pédagogiques à travers lesquels ils explorent des phénomènes liés à la circulation, à la transmission et au partage des connaissances et des savoirs. [Photos ci-dessus : Yohann Gozard]

Florilège vol.1

« Florilège vol.1 : Sangama », une proposition de Raffaella della Olga, Jérôme Dupeyrat, Camila Oliveira Fairclough et Angeline Ostinelli, en partenariat avec *DUUU radio, Paris, 27-30 avril 2017. [+] [+]



« Florilège, vol 1. Sangama » est une publication vivante dont le premier volume prend pour titre le nom d’un indien Yine d’Amazonie. Au début du XXe siècle, Sangama détourna les livres des colons européens pour les utiliser comme des supports d’interprétations et de visions inspirées de rituels chamaniques.
« Florilège » est une programmation de lectures, performances, projections, propositions dont les formes et les formats ouverts ont en commun d’actualiser, de partager et de transmettre des textes et des publications auprès d’une communauté éphémère.

Jeudi 27 avril
17h — Axelle Stiefel, Ouvrir avec son corps un espace pour le mot, lecture amplifiée
18h — Benoit Sanfourche, Relecture en définitive
19h — Émilie Pitoiset, Résister, lecture performée
20h — Loos’ Ass de gerlach en koop présenté par Yann Sérandour

Vendredi 28 avril
17h — Karina Bisch & Nicolas Chardon, The Art of Connoisseurs, discours
17h30 — Hélène Bertin, Réhydratation (2013), sculpture et infusion de plantes
18h — Hannah Weiner, Clairvoyant Journal, 1974, lecture proposée par future
19h — Hugo Pernet, Sept preuves d’amour, lecture
20h — Oliver Augst, MODÈLE KLOSSOWSKI pour rhythm composer TR-707

Samedi 29 avril
14h — Eric Watier, The scans collection, projection
15h — Claude Closky, Color me, éd. Sémiose, 2017, séance de coloriage
16h — Pierre Paulin, lecture
17h — Laurence Cathala, Les Exergues, lecture-projection
18h — Alex Balgiu et Olivier Lebrun, Bibliomania — John Form, récit
19h — Antoine Dufeu & Valentina Traïanova, Le lux est parti en vrille, Katran et Chroniques bretton-woodsiennes, lectures
20h — Carte blanche *DUUU Radio

Dimanche 30 avril
14h — Virginie Yassef, Dépourvus de paupières, les poissons sont tenus en éveil par la lumière, spectacle avec Ferdinand Perez et Ryu Braflan, Anthony Gérard pour le son
15h — Esther Ferrer, Questions avec réponses, performance
16h-18h — Quiproquo, troc d’éditions d’artistes
18h30 — Madeleine Aktypi, fodd, fodder, lancement/lecture
19h — Lancement de la revue Turpentine 5

Du 27 au 30 avril
Franck Leibovici, Lettres de Jérusalem, spam, 2012, lecture improvisée par le public
Arlène Berceliot Courtin, Deux trois choses que je sais d’elle, texte sous pli
Quiproquo #3, exposition des ouvrages participants au troc d’éditions

Crystal Maze VIII.bis – Confidences pour confidences

« Crystal Maze VIII.bis – Confidences pour confidences », une proposition de l’agence du doute (Brice Domingues, Jérôme Dupeyrat et Catherine Guiral) avec Laurence Cathala, URDLA, Villeurbanne, avril-mai 2017. [+] [+]



Le huitième Crystal Maze, Confidences pour confidences, rejoué à l’URDLA après une première version à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2015, est une conférence-projections déployant des espaces multiples et s’appuyant sur une nouvelle de Stefan Zweig (1881-1942) écrite au début des années 1930. Buchmendel (Le Bouquiniste Mendel) relate à travers les souvenirs de ceux qui l’ont connu, la vie dans la Vienne du début du siècle de Jakob Mendel, bibliophile passionné à la mémoire prodigieuse, capable de citer n’importe quel livre qui lui serait passé entre les mains.
Une performance, le soir du vernissage, ouvre l’exposition. Accompagnée par Laurence Cathala, l’agence du doute propose la construction d’un scénario-dispositif faisant dialoguer inserts, incipits, voix, montage d’une exposition à partir des collections de l’URDLA (quarante et un artistes sélectionnés : Georges Adilon, Xavier Barbey, Frédéric Benrath, Valérie Berge, Dominique Blaise, Nasser Bouzid, Stéphane Braconnier, Laurence Cathala, Alex Chevalier, Martine Clerc, Marina de Caro, Philippe Favier, Pierre Gallais, Jérémie Gindre, Milan Grygar, Jean-Lucien Guillaume, Fabrice Gygi, Marcia Hafif, Yannig Hedel, Max Kaminski, Rémy Jacquier, Christophe Miralles, Patrice Mortier, René Münch, Onuma Nemon, Olivier Nottellet, Jean-Luc Parant, Guillaume Perez, François Perrodin, Andrée Philippot-Mathieu, Rougemont, Jean-Jacques Rullier, Jacqueline Salmon, Karen Serra, Markus Strieder, Sarah Tritz, Jacques Truphémus, Jacques Villeglé, Gudrun Von Maltzan, David Wolle, Bruno Yvonnet) et réalisation de trois séries d’estampes (linogravure, lithographie, typographie).

Crystal Maze IX — Quérir Choisir : Pierre Faucheux et l’esprit de collection

« Crystal Maze IX — Quérir Choisir : Pierre Faucheux et l’esprit de collection », commissariat d’exposition avec Brice Domingues et Catherine Guiral (l’agence du doute), Musée Calbet, Grisolles, janvier-avril 2016 (scénographie : Camille Platevoet et Arnaud Daffos). [+]



En 1987, l’exposition « Quérir Choisir » au Musée National des Arts et Traditions Populaires présentait les nouvelles acquisitions versées à la collection du musée. Fondé en 1937 par Georges Henri Rivière, le MNATP célébrait également, avec cette exposition, ses cinquante ans d’existence. Sur le premier plat de couverture du catalogue, en pied de page, on peut reconnaître le logo dessiné par Pierre Faucheux en 1970-71. Graphiste et urbaniste français ayant traversé les Trente Glorieuses, Faucheux (1924-1999) est connu comme l’homme « aux millions de couvertures ». Comme par un heureux hasard, l’énoncé « Quérir Choisir » pourrait être un programme pour aborder sa production foisonnante, et en particulier pour se saisir de « l’esprit de collection » qui la traverse. Observer les collections et les séries que Pierre Faucheux a dessinées pour de nombreux éditeurs entre le début des années 1950 et la fin des années 1980 permet de regarder comment il a créé une grammaire graphique où choix de caractères typographiques, jeux de collages et utilisation de documents iconographiques fabriquent ce que le critique Charles Asselineau avait appelé, en 1866, des Mélanges tirés d’une petite bibliothèque romantique, lorsque lui-même cataloguait les ouvrages de ses auteurs romantiques favoris en essayant d’en dégager les physionomies typiques.
Les « mélanges » organisés par Faucheux sont les indices d’une pratique de la collecte et de la collection que vient éclairer la reprise du titre de l’exposition de 1987, « Quérir Choisir ». Au jeu des étymologies, le quaere latin donne au verbe quérir la dimension de l’enquête à laquelle répond le regard posé sur d’éclectiques ensembles que suppose l’action de choisir. On complétera l’origine de ce dernier verbe avec la figure du choisisseur ou de la choisisseuse qui, au XVIIIe-XIXe siècle, découpait les chiffons ramenés dans les papeteries par le chiffonnier. Celui-ci, dont Walter Benjamin a écrit que ses gestes étaient « la caricature de ceux du collectionneur, son opposé et son double » (Paris, capitale du XIXe siècle), accumulait des rebuts formant, pour les autres, un ensemble réutilisable de fragments, cartons, peaux, os, ferraille, etc. Si le chiffonnier est le parent pauvre du collectionneur, pour lui aussi, « le monde est présent et rangé dans chacun des objets qu’il possède ».
Pareillement, Pierre Faucheux est doublement un chiffonnier-collecteur et un choisisseur. Il bâtit des objets graphiques portant la trace lointaine ou proche des matériaux qu’il accumule pour et au travers des commandes et des collaborations que son atelier et lui-même honorent. Si cette figure se comprend d’abord au regard des nombreuses collections éditoriales dont Faucheux a élaboré le graphisme, celles-ci mettent en forme des principes d’identité et de variation, de distinction et de reprise, de différence et de répétition, qui sont aussi des notions pertinentes pour observer ses autres objets graphiques (maquettes de revues, affiches, collages et écartelages, etc.) ainsi que certaines de ses propositions architecturales.
Ce neuvième Crystal Maze — un dispositif qui convoque, entre autres, les principes du montage et de l’édition — propose ainsi un regard sur ces formes, ces rébus de rebuts, ces mélanges d’un flâneur de bibliothèques et d’un arpenteur d’espaces.

Préface

Programmation et commissariat des expositions de la galerie Préface avec Naïs Calmettes, Rémi Dupeyrat et Julie Martin, septembre 2015-juin 2016.



  • « Second œuvre », avec Thomas Cristiani et Antoine Roux, Liam Gillick, Lucie Laflorentie, Claude Rutault, That’s Painting, Éric Watier, Lawrence Weiner [+]
  • Camila Oliveira Fairclough [+]
  • Chloé Munich & Vincent Lalanne, « Le Mat » [+]
  • Bevis Martin & Charlie Youle, « Thought Plants » [+]
  • Rabih Mroué [+]
  • Olympia Press [+]

Bibliologie, Livres et éditions d’artistes dans la collection du Frac Haute-Normandie

« Bibliologie, Livres et éditions d’artistes dans la collection du Frac Haute-Normandie », commissariat d’exposition, Frac Normandie Rouen, 2014. [+]



L’exposition « Bibliologie » – terme désignant une « science du livre » – est dédiée aux livres et aux éditions d’artistes, à travers la collection du Frac Haute-Normandie.
Conçus par des artistes qui font du livre un mode de création et de diffusion approprié à leurs intentions artistiques, les livres d’artistes sont pleinement de l’art tout en résultant de moyens d’édition contemporains. Ils se distinguent ainsi des catalogues et des livres d’art, car ils ne sont pas à propos de l’art mais ont par eux-mêmes un statut artistique. De même, ils se distinguent des livres de bibliophilie rares et précieux, car ils ne cherchent pas à esthétiser le livre à l’aide de pratiques et de conventions issues de l’artisanat ou des beaux-arts, mais visent plutôt à déplacer dans le contexte artistique les stratégies de l’édition et la culture du livre.
L’exposition est conçue selon un système de classification en usage dans les bibliothèques : la Classification Décimale Universelle, mise au point au tout début du XXe siècle par Paul Otlet et Henri La Fontaine. Celle-ci permet d’ordonner les livres par grandes familles de connaissances : « Philosophie, Psychologie », « Sciences sociales », « Mathématiques, Sciences naturelles », « Langues, Linguistique, Littérature », etc.
Ce choix, associé à la présence d’une librairie au coeur de l’exposition, vise à affirmer le statut éditorial des publications d’artistes.
Mais parce qu’elles sont aussi des œuvres, qu’il ne faut pas dissocier des autres pratiques des artistes qui en sont les auteurs, l’exposition met également en regard ces éditions d’artistes avec d’autres travaux (photographies, vidéos, lithographies, peintures, etc.) qui offrent un plus large aperçu sur la collection du Frac, à partir des livres qui s’y trouvent.
En réponse au paradoxe d’exposer le livre, qui est déjà son propre moyen de diffusion et d’exposition, et dont la mise sous vitrine nie certaines qualités intrinsèques, le groupe de recherche Édith — constitué d’enseignants et d’étudiants de l’ÉSADHaR — propose une série d’essais vidéos réalisés à partir de certaines éditions exposées. Ces vidéos ne prétendent pas se substituer à leur consultation, mais questionnent la valeur d’usage des éditions d’artistes et leur devenir images en situation d’exposition.

[Lire un article sur l’exposition dans la revue zerodeux]

Crystal Maze VI – To Love a Bitch and a Fake (état 1)

Crystal Maze VI — To Love a Bitch and a Fake (état 1), avec Brice Domingues et Catherine Guiral (l’agence du doute), Préface, Paris, 8 mars 2014. [+]



À l’invitation de la galerie Préface, ce Crystal Maze se présente comme une exposition éphémère interrogeant la figure des « faux-livres » au cinéma. Si les réalisateurs de films citent souvent la littérature au travers de romans-clés, ils peuvent parfois jouer de ces citations en fabriquant, littéralement, des livres qui n’existent pas.
Préface a accueilli une première collection de ces faux-livres reconstitués. Chacun d’eux apparaît dans un film particulier à un moment précis. Ce sont ces instants d’apparition, audio-décrits, qui tiennent lieu de cartels à un vide bavard, espace de toutes les projections possibles. À ces faux-livres incarnés par leur maquette en blanc s’est ajoutée une bande sonore et une série d’objets, amorces à la figure spéculaire du faux-livre : le faux-écrivain de cinéma… Le Crystal Maze VI est la combinaison d’un soir de ces deux acteurs.

Crystal Maze V – Haut les mains !

Crystal Maze V – Haut les mains !, avec Alex Balgiu, Brice Domingues et Catherine Guiral, Les Laboratoires d’Aubervilliers, 4 décembre 2013. [+]



Dans le cadre d’une résidence de l’écrivain Daniel Foucard aux Laboratoires d’Aubervilliers, l’agence du doute a été invitée à participer au cycle d’événements « Degré 48 ». Ce cycle consacré au(x) manisfeste(s) avait pour origine le travail du poète Illiazd et sa revue, Degré 41. Pour cette occasion, le Crystal Maze a été conçu comme une pièce de théâtre en deux actes où se rencontrent des images, des voix et des objets édités.

Iliazd mène au manifeste, le manifeste mène à la main, mais entre Iliazd et la main, rien de manifeste. Le Crystal Maze V est le récit de ce non-lien… Un non-lien déplié en images et en paroles (montage filmique, partie de cartes visuelle, lectures, générique édité), à travers un dispositif qui, dans son fonctionnement même, se voudrait un manifeste pour la pensée en escalier, la pensée digressive et associative, un manifeste pour la déterritorialisation, pour la pensée et l’action micro-collectives, pour le dialogue de la main, de la voix et du cerveau. Mais parce qu’il stratifie ces multiples orientations, le Crystal Maze V opère aussi un pas de côté vis-à-vis du manifeste considéré comme genre, et en conteste en particulier la dimension souvent univoque, la propension à une parole catégorique, définitive, irrévocable, assurée d’elle-même, qui sait trop où elle va. Sans relativisme pour autant, il s’agit alors d’explorer un registre de discours qui pourrait s’étendre entre le manifeste et l’essai, comme la forme manifestée d’un certain nombre d’opérations.

La quatrième classe

« La quatrième classe » [commissariat d’exposition], avec Robert Barry, Daniel Buren, Julie Marie Cazard, herman de vries, Amélie Dubois, IKHÉA©SERVICES, Jonathan Monk, Claire Morel, Julien Nédélec, Conny Purtill, Yann Sérandour, Laurent Sfar, Nick Thurston], Florence Loewy… by artists, Paris, 23 novembre – 21 décembre 2013.



l’exposition La quatrième classe réunit diverses propositions artistiques liées au livre et à l’édition (livres d’artistes, pageworks, œuvres se référant à un livre, interventions ayant la bibliothèque ou la librairie comme site), qui ont en commun de donner corps à des réalités discrètes ou inframinces dont l’existence procède d’une absence, et la substance d’une vacance. Ces œuvres se fondent sur la matérialisation du vide, sur la désignation paradoxale de choses non perceptibles, sur l’effacement ou sur la soustraction. Chacun de ces gestes a des implications artistiques et politiques spécifiques mais ils ont en commun une économie esthétique qui conjugue le conceptuel au sensible en faisant apparaître ce dernier là où il n’y a pas ou plus ce qui pourrait s’y trouver.

Crystal Maze IV — 1 + 2 + 3 = 3 — Notre distraction favorite

« Crystal Maze IV — 1 + 2 + 3 = 3 — Notre distraction favorite », commissariat avec Brice Domingues et Catherine Guiral (l’agence du doute), Nouveau Festival, Centre Pompidou, février-mars 2013. Avec Åbäke, Davide Balula, Roman Cieslewicz, Andrew Davidhazy, Marcel Duchamp, Libor Fára, Pierre Faucheux, Hans-Peter Feldmann, René Ferracci, Urs Fischer, Martino Gamper, Greenberg Associates, Milan Grygar, Raymond Hains, Hipgnosis, Guy Jouineau et Guy Bourduge, Jiří Kolář, Christian Marclay, Nagi Noda, Man Ray, Zbigniew Rybczynski, Andrew Sharpley, Laurie Simmons, John Stezaker, Peter Tscherkassky, VLF (Thomas Cristiani & Antoine Roux) [+]



Dans le cadre du quatrième Nouveau Festival au Centre Pompidou (à l’invitation de Catherine de Smet et Bernard Blistène) et en écho au travail de Pierre Faucheux (1924-1999), graphiste et directeur artistique dont la production fleuve s’étend des années 1950 aux années 1980, ce Crystal Maze est une exposition construite sur le principe du montage et réunissant des créateurs dont les œuvres sont la trace d’un désir visuel trouvant satisfaction dans l’usage et le dépaysement des images. L’agencement de ces créations et les différents événements qui accompagnent cette proposition mettent en évidence une culture visuelle et des procédés communs à un ensemble de graphistes, d’artistes, de photographes, de cinéastes, dont les travaux s’étendent du tout début du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui et peuvent faire l’objet de rapprochements, parfois inattendus, tant sur le plan formel que conceptuel.
Il ne s’agit pas de mettre à jour des emprunts (qui, lorsqu’ils existent, sont souvent réciproques), ni d’établir des généalogies entre les pratiques mais de montrer ce que des travaux dont le rapprochement est parfois évident, parfois forcé, peuvent avoir de références communes ou de procédés partagés et comment ils constituent ensemble un pan de notre culture visuelle contemporaine.
Les contours de cette culture visuelle ont été identifiés à partir du travail du graphiste Pierre Faucheux, en particulier ses « écartelages » et le travail réalisé avec son atelier pour les couvertures du Livre de Poche. Ces travaux sont souvent sous-tendus par des emprunts iconographiques et des procédés tels que la déchirure, le découpage, le collage, le montage, la colorisation : autant d’opérations graphiques et plastiques qui dépaysent les images pour les offrir à d’autres registres et pour lesquelles le travail de Pierre Faucheux constitue une matrice inépuisable.

A kind of « huh? »

A kind of « huh? », avec Aurore Chassé, Claude Closky, Information as Material, Julien Nédélec, Ed Ruscha, commissariat : Jérôme Dupeyrat et Maïwenn Walter, Toulouse, Les Abattoirs – Frac Midi-Pyrénées (médiathèque) / Espace d’art de Grenade, novembre 2012 – mai 2013.



« J’ai compris qu’il y avait dans ce livre une chose inexplicable, mais que je recherchais depuis longtemps. Une sorte de ‘hein?' ». Cette phrase de l’artiste Ed Ruscha, à propos de son livre Twentysix Gazoline Stations (1963), pourrait se rapporter aux œuvres réunies dans cette exposition.
Parmi celles-ci se trouvent une installation, des volumes, des vidéos, des photographies, mais aussi de nombreuses éditions d’artistes, dont le fonds de la médiathèque des Abattoirs offre une remarquable connaissance. Des livres et des éditions d’artistes car une médiathèque est l’un des lieux les plus appropriés pour rendre visible ce type de productions. Des œuvres impliquant d’autres médiums que le livre et l’édition, car tout en offrant une alternative au fonctionnement conventionnel de l’art, les livres d’artistes ne constituent pas une sphère autonome, confidentielle ou marginale au sein de la création contemporaine, mais s’y inscrivent pleinement.
Les démarches dont l’exposition rend compte se fondent sur une mise en tension de ce qui est évident et de ce qui est indéchiffrable, de ce qui semble logique ou rationnel et de ce qui semble absurde, de ce qui est affirmé et de ce qui n’est pas dit, de ce qui est simple et de ce qui est hermétique, de ce qui est perceptif et de ce qui est déceptif. De cette tension résulte l’effet « huh? » : un effet ténu, fugitif, variable, qui se manifeste dans ce moment où ayant perçu une chose, on n’en saisit pas encore le sens ou l’objet ; lorsque la contradiction, l’ambivalence, le doute ou la perte de repères se chargent paradoxalement d’une valeur positive et constructive. Car l’effet « huh? » est en fait un moteur du processus de réception esthétique.

17 x 5

17 x 5, neuf marques-pages de documentation céline duval, Lefevre Jean Claude, Roberto Martinez, Julien Nédélec, Alexandre Périgot, Hubert Renard, Yann Sérandour, Batia Suter et Éric Watier, édités par Jérôme Dupeyrat, 2012.



Ces marques-pages ont été édités en lien avec la thèse Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives, thèse de doctorat sous la dir. de Leszek Brogowski, Rennes, Université Rennes 2, 2012. [Lire]
Ils forment une exposition au périmètre mouvant, disséminée par des lecteurs dans les livres où ces derniers décident de les placer.

Simon Nicaise, Bel édifice et pressentiments

« Simon Nicaise, Bel édifice et pressentiments », commissariat : Jérôme Dupeyrat et Maïwenn Walter, Paris, Primo Piano, juin-juillet 2011.



Observant et absorbant la réalité dans ses différentes dimensions (visuelle, matérielle, culturelle ou encore sociale), Simon Nicaise la restitue au prisme d’un travail essentiellement sculptural, avec des œuvres qui perturbent subrepticement l’ordre et la signification des choses tout en paraissant souvent élémentaires. Alors que chaque forme semble être le résultat logique d’une idée qui l’aurait précédée, l’œuvre procède davantage de tensions, d’oscillations, de déplacements, de renversements absurdes ou contreproductifs.
« ‪Bel édifice et les pressentiments » est le premier chapitre d’une série de projets à venir placés sous le signe du Marteau sans maître (1934), un recueil de poèmes de René Char qui a fait également l’objet d’une retranscription musicale et chorégraphique par Pierre Boulez et Maurice Béjard (1955)‬. Le marteau est un objet contradictoire impliquant autant le principe de construction que celui de destruction, et c’est à ce titre qu’il apparaît parfois dans le travail de Simon Nicaise (Chorégraphie, 2008 ; Masse agglomérante, 2009). Il n’y a pas de marteau ici, mais la contradiction et la violence contenue que suggère la dichotomie construire/détruire sont néanmoins actives dans Bel édifice et les pressentiments. Plutôt que d’en adapter l’environnement poétique et musical, l’exposition met en jeu les préoccupations et les manières de faire qui se décèlent dans le Marteau sans maître. Elle est conçue comme un paysage défini par des œuvres qui y sont tout à la fois des reliefs, des obstacles ou des constructions.