« Livres d’artistes : ce que l’édition fait à l’art, ce que l’art fait à l’édition », in Collectif, Ce que l’édition fait à l’art, extraits d’une collection, Tombolo presses, 2017, p. 72-93. [+]



Catalogue d’une exposition autour des livres d’artistes et imprimés issus de la collection de Jean-Paul Guy, cet ouvrage porte son regard sur l’art résultant de pratiques éditoriales, et sur ce que devient le livre lorsque cet objet est investi par les artistes. Présentant 68 ouvrages (Ed Ruscha, Dieter Roth, Michael Snow, Robert Barry…), le catalogue dirigé par Antoine Bertaudière, Angeline Ostinelli, Florence Aknin et les étudiants de première année mention Design Graphique du Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués de Bourgogne, entreprend de réunir dans une « forme de livre » les matières de l’exposition et de l’expérience pédagogique. Tout en conjuguant l’esprit libertaire du livre d’artistes à une référence bibliophile délicieusement en contradiction avec la théorie institutionnelle du genre, il s’ouvre par la séquence des premières de couverture des livres d’artistes travaillés par les étudiants. Il place la série de leurs doubles pages en son centre. Il finit par leurs quatrièmes de couverture. Il intercale les productions spécifiquement créées à l’occasion de l’exposition entre les matières « ressources » des livres d’artistes. Les documentations des propositions de lecture des étudiants se retrouvent, en symétrie, entre les séries de couvertures et de doubles-pages de référence. Le texte théorique de Jérôme Dupeyrat se place au centre des discours de l’exposition et au cœur du catalogue.

« L’Art exposé, l’art édité », The Shelf, n°4, mars 2016, pp. 96-111. [+]



Lieux d’exposition et bibliothèques, œuvres exposées et publications, diffèrent le plus souvent du point de vue de leurs espaces, de leurs formes, de leurs statuts et de leurs modes d’existence. Pourtant, la pratique de l’exposition et celle de l’édition entrent souvent en correspondance. Une installation, une série photographique, une inscription murale ou un livre, peuvent être ainsi autant de versions d’un même projet artistique qui ne s’informe ni dans un médium exclusif ni à travers des limites matérielles définitives. Cette non-clôture de l’œuvre, qui favorise la variabilité des propositions artistiques en de multiples formes, formats et supports, est un héritage de l’art conceptuel, dans la mesure où celui-ci produit une différenciation de l’œuvre et de ses matérialisations possibles.

« Le livre d’artiste comme alternative à l’exposition », in Leszek Brogowski et Anne Moeglin-Delcroix (dir.), Le livre d’artiste : quels projets pour l’art ?, Rennes, Éditions Incertain Sens, 2014, pp. 179-190. [+]



Parmi les qualificatifs qui ont été attribués aux livres d’artistes depuis les années mille neuf cent soixante, celui d’« espace alternatif » (alternative space) est l’un de ceux qui reviennent le plus souvent. Espace alternatif, car dans le contexte artistique, culturel et politique des années soixante et soixante-dix, le livre et l’édition ont constitué pour de nombreux artistes un moyen efficace pour faire exister leur travail sous des formes nouvelles, en dehors des institutions artistiques et/ou marchandes dont les critères esthétiques et commerciaux n’étaient plus, pour un temps du moins, en adéquation avec des démarches telles que celles de l’art conceptuel ou de Fluxus. L’alternative dont il s’agit est en fait une alternative aux modes traditionnels de production et de diffusion de l’art, dont le plus emblématique est l’exposition sous forme d’accrochage d’œuvres d’art dans un lieu dévolu à cet effet, tel que la galerie ou le musée.

Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives [Thèse de doctorat sous la dir. de Leszeck Brogowski], Rennes, Université Rennes 2, 2012.

Cycle de conférences Art & Édition : « Livres d’artistes et pratiques d’exposition », École supérieure d’art des Pyrénées – site de Pau, 23 janvier 2012.


La pratique du livre d’artiste telle qu’elle se développe depuis les années 1960 constitue une alternative critique aux modes traditionnels de production et de diffusion de l’art, dont les expositions sont le dispositif le plus emblématique à l’ère moderne et contemporaine. Pourtant, de nombreuses éditions d’artistes sont éditées par des lieux d’art à l’occasion de tels évènements. De ce constat paradoxal émerge la nécessité d’étudier de plus près les relations entre pratiques d’édition et pratiques d’exposition dans l’art contemporain. Où il apparaît alors que les livres et les éditions d’artistes se positionnent constamment entre pratiques d’exposition alternatives et pratiques alternatives à l’exposition…