Mathieu Gargam, Stones & Roses

Texte pour le livre d’artiste de Mathieu Gargam, Stones & Roses, Actes Nord éditions & Tanuki Records, 2019. [+]



Des édifices de pierre — monuments ou constructions à l’état de vestiges, parmi lesquels s’immiscent quelques « édifices » naturels, façonnés par l’érosion — et des fleurs photographiées en gros plan : cette double typologie caractérise le contenu du livre Stones & Roses. Elle se constitue au fil d’images trouvées — initialement des diapositives —, présentées en vis-à-vis ou superposées selon un montage qui répond à des critères mouvants. Ceux-ci se manifestent de façon explicite ou opèrent de façon plus souterraine, en prenant en compte tous les aspects visuels des images réunies : leurs motifs, leur composition, leur surface, etc. […]

Batia Suter, Parallel Encyclopedia

« Parallel Encyclopedia, Batia Suter », FAIRE, N°7, janvier 2018, 20 p. [+]



Depuis la fin des années 1990, Batia Suter collectionne des livres — de seconde main pour la plupart — qu’elle acquière en raison de leur iconographie, de sorte à constituer une banque d’images qui est localisée dans les rayons de sa bibliothèque. L’ensemble est devenu le matériau de base d’une œuvre qui consiste à présenter ces images selon une logique de montage visuel, en leur attribuant de nouvelles modalités d’apparition et donc de nouvelles possibilités d’interprétation. Parallel Encyclopedia est à ce jour le travail le plus conséquent de l’artiste. Mené depuis 2004, il a pris la forme de plusieurs installations et de deux ouvrages imposants édités par Roma publications en 2007 et en 2016. Chaque version du projet se caractérise par l’association de centaines d’images hétéroclites (historiques, artistiques, scientifiques, techniques) regroupées en fonction de liens typologiques et formels. D’un dispositif à l’autre, les modalités de présentation de ces images extraites de livres se renouvèlent : séquençage et sérialité des pages reliées ; constellations ou, au contraire, séquences linéaires d’images reproduites et exposées aux cimaises ; constellations ou séquences linéaires de pages de livres ouverts et déposés sur des supports plans. Bien que les images exposées soient les mêmes, ces diverses possibilités d’exposition en déterminent des lectures différentielles. Au-delà de la fascination qu’un tel projet peut engendrer, ce texte tente d’en saisir toute la complexité. Pour ce faire, le travail de Batia Suter est resitué au sein d’une histoire des pratiques iconographiques qui traverse différents champs d’activités et de connaissance. On s’attache par ailleurs à la trajectoire des images réunies dans Parallel Encyclopedia et aux effets des processus de remédiation auxquels elles sont livrées. Enfin, il s’agit de dessiner une figure de l’artiste en « éditrice » et d’étudier à la fois la fonction du design graphique dans son travail et la place que l’on peut attribuer à ce dernier dans le champ du design graphique, auquel Batia Suter n’appartient pas directement, mais qui traverse ses productions et auquel elle s’est confrontée concrètement dans le cadre de sa collaboration avec le graphiste Roger Willems pour la conception des deux volumes de l’encyclopédie qui, de fait, est aujourd’hui une référence tant pour de nombreux artistes que pour de tout aussi nombreux designers graphiques.

Contributions à la revue « Critique d’art »

Contributions à la revue « Critique d’art » depuis 2015 [Lire]

  • documentation céline duval, Critique d’art, n°44, printemps/été 2015.
  • Christian Besson, Peepshow, note de lecture en ligne, 01 juin 2016.
  • Eric Watier, Plus c’est facile, plus c’est beau : prolégomènes à la plus belle exposition du monde, note de lecture en ligne, 20 mai 2017.
  • Marie Boivent et Stephen Perkins (dir.),The Territories of Artists’ Periodicals, note de lecture en ligne, 20 mai 2017.
  • Christophe Lemaitre, Aurélien Mole et Rémi Parcollet, Postdocument 1—7, 8, note de lecture en ligne, 20 mai 2017.

documentation céline duval

« documentation céline duval », Critique d’art, printemps/été 2015, n°44, p.104-109. [Lire]



L’archiviste et l’iconographe sont deux figures majeures de la création actuelle, ainsi qu’en attestent publications et expositions depuis une dizaine d’années. Le travail de documentation céline duval s’inscrit dans cette perspective. Depuis 1998, l’artiste a constitué un fonds d’images photographiques composé de ses propres clichés, de photographies amateurs, de cartes postales et d’illustrations de magazines. Penser, classer, se saisir de la dimension plastique de ces images est ce à quoi s’emploie Céline Duval (née en 1974), en s’attachant aux représentations que celles-ci véhiculent et à la possibilité d’une écriture visuelle.

Montage et démontage du désir

« Dé-montage du désir » [Lire/Read], 2015, et « Montage et démontage du désir » [Lire], 2013, à propos de documentation céline duval, Les Allumeuses, 1998-2010, 2011.



Chaque vidéo est au format 4/3, en plan fixe, cadrée au plus près d’une pile d’images publicitaires et d’illustrations photographiques provenant manifestement de magazines. Des images véhiculant des représentations largement déterminées par les industries du divertissement, par des stéréotypes de genre et par une idéalisation du corps perçu comme objet désirable. La lueur reflétée par la surface du papier glacé, la présence de briques et de cendres, le crépitement d’un feu, permettent de comprendre que la scène est filmée au bord d’une cheminée. Une main se saisit des images une à une ; le bruit de froissement qui fait suite ne laisse guère de doute quant à leur devenir. Les soixante chapitres qui composent la série les allumeuseshidden eyes, kissing, photographer, balance, angel, guitare, etc. — sont construits selon le même protocole, tout en proposant chacun une typologie spécifique de représentations dont la répétition révèle le caractère stéréotypé. Au-delà de l’accumulation, l’ordonnancement précis des cou-pures de magazines définit pourtant une écriture visuelle, un montage séquentiel qui se déploie paradoxale-ment au fur et à mesure que les images disparaissent.

Emprunts et remédiation

« Emprunts et remédiation », communication lors de la journée d’étude « L’image empruntée : l’artiste comme éditeur », Université Toulouse II-Le Mirail (laboratoire LLA-CREATIS) / Institut supérieur des arts de Toulouse (ISDAT) / musée des Abattoirs, le 24 janvier 2013.

Lorsque les artistes travaillent avec des images empruntées, l’utilisation de ces dernières implique le plus souvent le passage d’un médium et/ou média à un autre : passage d’une forme imprimée à une autre, du livre au web, du web au papier, du papier à l’écran, du cinéma à l’édition, de l’édition à l’exposition, etc. Il s’agit ici d’étudier ces remédiations ainsi que les processus d’adaptation, de traduction et de transposition qui en résultent, afin de saisir quels sont leurs effets sur l’économie et la réception des images.