« Bibliologie (radio edit) », interviews sur *DUUU radio, 2015-2018. [+]



En son sens le plus ouvert, la bibliologie est la science des livres et de l’écrit. « Bibliologie (radio edit) » est une série de conversations au sujet des pratiques éditoriales actuelles dans le champ élargi de l’art :

  • Le 21/12/2015 avec Camila-Oliveira Fairclough [+]
  • Le 20/06/2016 avec Jean-François Caro et Marie Lécrivain, éditions La Houle [+]
  • Le 09/10/16 avec Quentin Jouret, éditions Autrechose [+]
  • Le 03/09/2018 avec Maya Rochat [+]

« Parallel Encyclopedia, Batia Suter », FAIRE, N°7, janvier 2018, 20 p. [+]



Depuis la fin des années 1990, Batia Suter collectionne des livres — de seconde main pour la plupart — qu’elle acquière en raison de leur iconographie, de sorte à constituer une banque d’images qui est localisée dans les rayons de sa bibliothèque. L’ensemble est devenu le matériau de base d’une œuvre qui consiste à présenter ces images selon une logique de montage visuel, en leur attribuant de nouvelles modalités d’apparition et donc de nouvelles possibilités d’interprétation. Parallel Encyclopedia est à ce jour le travail le plus conséquent de l’artiste. Mené depuis 2004, il a pris la forme de plusieurs installations et de deux ouvrages imposants édités par Roma publications en 2007 et en 2016. Chaque version du projet se caractérise par l’association de centaines d’images hétéroclites (historiques, artistiques, scientifiques, techniques) regroupées en fonction de liens typologiques et formels. D’un dispositif à l’autre, les modalités de présentation de ces images extraites de livres se renouvèlent : séquençage et sérialité des pages reliées ; constellations ou, au contraire, séquences linéaires d’images reproduites et exposées aux cimaises ; constellations ou séquences linéaires de pages de livres ouverts et déposés sur des supports plans. Bien que les images exposées soient les mêmes, ces diverses possibilités d’exposition en déterminent des lectures différentielles. Au-delà de la fascination qu’un tel projet peut engendrer, ce texte tente d’en saisir toute la complexité. Pour ce faire, le travail de Batia Suter est resitué au sein d’une histoire des pratiques iconographiques qui traverse différents champs d’activités et de connaissance. On s’attache par ailleurs à la trajectoire des images réunies dans Parallel Encyclopedia et aux effets des processus de remédiation auxquels elles sont livrées. Enfin, il s’agit de dessiner une figure de l’artiste en « éditrice » et d’étudier à la fois la fonction du design graphique dans son travail et la place que l’on peut attribuer à ce dernier dans le champ du design graphique, auquel Batia Suter n’appartient pas directement, mais qui traverse ses productions et auquel elle s’est confrontée concrètement dans le cadre de sa collaboration avec le graphiste Roger Willems pour la conception des deux volumes de l’encyclopédie qui, de fait, est aujourd’hui une référence tant pour de nombreux artistes que pour de tout aussi nombreux designers graphiques.

Entretiens : Perspectives contemporaines sur les publications d’artistes, Rennes, éditions Incertain Sens, 2017, 312 p. Entretiens avec Laurence Aëgerter, antoine lefebvre editions, Pierre-Olivier Arnaud, Ludovic Burel, Claude Closky, Daniel Gustav Cramer, documentation céline duval, Ben Kinmont, Sharon Kivland, Stéphane Le Mercier, Sara MacKillop, Mazaccio & Drowilal, Jonathan Monk, Julien Nédélec & Éric Watier, Camila Oliveira Fairclough, Michalis Pichler, Hubert Renard, Joachim Schmid, Yann Sérandour, David Shrigley, Derek Sullivan, Batia Suter et Nick Thurston.    [Acheter]



Ce livre réunit vingt-trois entretiens avec vingt-cinq artistes qui font de l’édition une pratique artistique. Dans un contexte où les publications d’artistes suscitent l’intérêt de nombreux acteurs du champ de l’art, il s’agit d’offrir des perspectives contemporaines sur ce phénomène, marqué par une tension entre des positionnements alternatifs et la recherche d’une reconnaissance institutionnelle. Les propos des artistes sollicités ont ainsi été collectés afin de dessiner un panorama des publications d’artistes aujourd’hui, et pourront être lus au regard d’un double questionnement : quels sont, parmi les outils qui ont permis de penser la pratique du livre d’artiste ces dernières décennies, ceux qui restent opérants pour en comprendre les manifestations actuelles ? Quels sont les enjeux qui semblent spécifiques à ces manifestations récentes et quelle est la nature des évolutions dont ils témoignent, en lien avec un contexte élargi de l’art et de l’édition ? Bien que les pratiques actuelles n’induisent pas une remise en cause radicale des hypothèses et des arguments proposés jusqu’à ce jour au sujet des publications d’artistes, ces entretiens suggèrent des enjeux formulés différemment, et donnant lieu à de nouvelles attitudes. Ce sont ces dernières dont ce livre rend compte, à travers un matériau de première main.

« Livres d’artistes : ce que l’édition fait à l’art, ce que l’art fait à l’édition », in Collectif, Ce que l’édition fait à l’art, extraits d’une collection, Tombolo presses, 2017, p. 72-93. [+]



Catalogue d’une exposition autour des livres d’artistes et imprimés issus de la collection de Jean-Paul Guy, cet ouvrage porte son regard sur l’art résultant de pratiques éditoriales, et sur ce que devient le livre lorsque cet objet est investi par les artistes. Présentant 68 ouvrages (Ed Ruscha, Dieter Roth, Michael Snow, Robert Barry…), le catalogue dirigé par Antoine Bertaudière, Angeline Ostinelli, Florence Aknin et les étudiants de première année mention Design Graphique du Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués de Bourgogne, entreprend de réunir dans une « forme de livre » les matières de l’exposition et de l’expérience pédagogique. Tout en conjuguant l’esprit libertaire du livre d’artistes à une référence bibliophile délicieusement en contradiction avec la théorie institutionnelle du genre, il s’ouvre par la séquence des premières de couverture des livres d’artistes travaillés par les étudiants. Il place la série de leurs doubles pages en son centre. Il finit par leurs quatrièmes de couverture. Il intercale les productions spécifiquement créées à l’occasion de l’exposition entre les matières « ressources » des livres d’artistes. Les documentations des propositions de lecture des étudiants se retrouvent, en symétrie, entre les séries de couvertures et de doubles-pages de référence. Le texte théorique de Jérôme Dupeyrat se place au centre des discours de l’exposition et au cœur du catalogue.

« Anna Meschiari, Atlas (update_reebot) », septembre 2016, texte écrit pour l’artiste. [+]



Atlas d’Anna Meschiari est une ample collection d’images glanées sur le web grâce à une recherche sémantique portant sur ce terme, puis assemblées à travers divers dispositifs ou principes d’agencement et d’ordonnancement.

« L’Exposition des livres d’artistes, ou son impossibilité », exPosition, mai 2016, n°1. [+]



Exposer des livres est un exercice dont l’issue est souvent décevante, aussi bien pour les spectateurs-lecteurs que pour les commissaires d’expositions, les auteurs, les éditeurs ou encore les graphistes. Dans le cas des livres d’artistes, l’exposition est un mode de visibilité qui s’avère d’autant plus insatisfaisant qu’à bien des égards, il entre en contradiction avec les valeurs inhérentes à cette pratique éditoriale. Parce qu’il relève de l’art, le statut de ces publications incite pourtant à les exposer, comme en témoigne la programmation des diverses institutions artistiques dévolues à cette pratique, ou plus largement les nombreuses expositions qui lui ont été consacrées au cours des dernières décennies – et plus particulièrement ces dix à quinze dernières années – dans des musées, des galeries, des centres d’art, ou encore à l’occasion de salons d’édition.

« L’Art exposé, l’art édité », The Shelf, n°4, mars 2016, pp. 96-111. [+]



Lieux d’exposition et bibliothèques, œuvres exposées et publications, diffèrent le plus souvent du point de vue de leurs espaces, de leurs formes, de leurs statuts et de leurs modes d’existence. Pourtant, la pratique de l’exposition et celle de l’édition entrent souvent en correspondance. Une installation, une série photographique, une inscription murale ou un livre, peuvent être ainsi autant de versions d’un même projet artistique qui ne s’informe ni dans un médium exclusif ni à travers des limites matérielles définitives. Cette non-clôture de l’œuvre, qui favorise la variabilité des propositions artistiques en de multiples formes, formats et supports, est un héritage de l’art conceptuel, dans la mesure où celui-ci produit une différenciation de l’œuvre et de ses matérialisations possibles.

« Du livre d’artiste comme bibliothèque de papier », in Barbara Denis-Morel (dir.),
Les artistes face aux livres, Avranches, Scriptorial d’Avranches ; Nevers, Tombolo presses, 2015, pp. 40-51. [+]



En 1947, André Malraux constatait l’apparition d’un Musée Imaginaire « qui [allait] pousser à l’extrême l’incomplète confrontation imposée par les vrais musées : répondant à l’appel de ceux-ci, écrivait-il, les arts plastiques ont inventé leur imprimerie ». Si les livres peuvent être pour l’art des musées imaginaires, alors ne peuvent-ils pas être pour les autres livres — réels ou fictifs — des bibliothèques elles aussi imaginaires ? Et de même qu’il existe des « musées de papier », ne peut-on pas parcourir certains livres comme des bibliothèques imprimées ? Considéré de la sorte, le livre n’est plus seulement ce qui est censé trouver place dans une bibliothèque, mais également ce dans quoi une bibliothèque peut se constituer. Ces bibliothèques de papier, imaginaires ou virtuelles, peuvent prendre la formes de catalogues, de listes, de bibliographies ou d’anthologies. Il s’agira ici de s’interroger sur les enjeux de ces livres à la puissance livres dans le cas spécifique des publications d’artistes, qui mettent bien souvent en œuvre ce type de modèles.

« Publishing Art », Journal of Artist’s Books, n°37, avril 2015, pp. 32-33. [+]

The growth of artist’s books in the 1960s and 1970s has to be viewed in relation to the forms and procedures of the art of that time, but also according to the desire to find an alternative to institutional contexts or art dealers. This will of the artists comes as much from necessity as choice: necessity, because the institutions of that time were showing little interest in recent works, which challenged the values of art established over the preceding decades; and choice, because the same institutions were the guardians of those very values, which is why the artists had to get out of their clutches, and set up alternative art institutions. But art institutions aren’t the only things that artist’s books called, and still do call, into question. Although it might be accidental, these publications also constitute an alternative to normal ways of publishing.

« Bibliologie, Livres et éditions d’artistes dans la collection du Frac Haute-Normandie », commissariat d’exposition, Frac Normandie Rouen, 2014. [+]



L’exposition « Bibliologie » – terme désignant une « science du livre » – est dédiée aux livres et aux éditions d’artistes, à travers la collection du Frac Haute-Normandie.
Conçus par des artistes qui font du livre un mode de création et de diffusion approprié à leurs intentions artistiques, les livres d’artistes sont pleinement de l’art tout en résultant de moyens d’édition contemporains. Ils se distinguent ainsi des catalogues et des livres d’art, car ils ne sont pas à propos de l’art mais ont par eux-mêmes un statut artistique. De même, ils se distinguent des livres de bibliophilie rares et précieux, car ils ne cherchent pas à esthétiser le livre à l’aide de pratiques et de conventions issues de l’artisanat ou des beaux-arts, mais visent plutôt à déplacer dans le contexte artistique les stratégies de l’édition et la culture du livre.
L’exposition est conçue selon un système de classification en usage dans les bibliothèques : la Classification Décimale Universelle, mise au point au tout début du XXe siècle par Paul Otlet et Henri La Fontaine. Celle-ci permet d’ordonner les livres par grandes familles de connaissances : « Philosophie, Psychologie », « Sciences sociales », « Mathématiques, Sciences naturelles », « Langues, Linguistique, Littérature », etc. Ce choix, associé à la présence d’une librairie au coeur de l’exposition, vise à affirmer le statut éditorial des publications d’artistes.
Mais parce qu’elles sont aussi des oeuvres, qu’il ne faut pas dissocier des autres pratiques des artistes qui en sont les auteurs, l’exposition met également en regard ces éditions d’artistes avec d’autres travaux (photographies, vidéos, lithographies, peintures, etc.) qui offrent un plus large aperçu sur la collection du Frac, à partir des livres qui s’y trouvent.
En réponse au paradoxe d’exposer le livre, qui est déjà son propre moyen de diffusion et d’exposition, et dont la mise sous vitrine nie certaines qualités intrinsèques, le groupe de recherche Édith — constitué d’enseignants et d’étudiants de l’ÉSADHaR — propose une série d’essais vidéos réalisés à partir de certaines éditions exposées. Ces vidéos ne prétendent pas se substituer à leur consultation, mais questionnent la valeur d’usage des éditions d’artistes et leur devenir images en situation d’exposition.

[Lire un article sur l’exposition dans la revue zerodeux]

« Le livre d’artiste comme alternative à l’exposition », in Leszek Brogowski et Anne Moeglin-Delcroix (dir.), Le livre d’artiste : quels projets pour l’art ?, Rennes, Éditions Incertain Sens, 2014, pp. 179-190. [+]



Parmi les qualificatifs qui ont été attribués aux livres d’artistes depuis les années mille neuf cent soixante, celui d’« espace alternatif » (alternative space) est l’un de ceux qui reviennent le plus souvent. Espace alternatif, car dans le contexte artistique, culturel et politique des années soixante et soixante-dix, le livre et l’édition ont constitué pour de nombreux artistes un moyen efficace pour faire exister leur travail sous des formes nouvelles, en dehors des institutions artistiques et/ou marchandes dont les critères esthétiques et commerciaux n’étaient plus, pour un temps du moins, en adéquation avec des démarches telles que celles de l’art conceptuel ou de Fluxus. L’alternative dont il s’agit est en fait une alternative aux modes traditionnels de production et de diffusion de l’art, dont le plus emblématique est l’exposition sous forme d’accrochage d’œuvres d’art dans un lieu dévolu à cet effet, tel que la galerie ou le musée.

Atelier « Braconnages » (dir. Laurence Cathala, Sébastien Dégeilh, Jérôme Dupeyrat, Olivier Huz), Une Livre, Marseille, Editions P ; Toulouse, isdaT, 2014. [+]



Cette publication restitue les expérimentations et les recherches conduites en 2013-2014 à l’institut supérieur des arts de Toulouse (isdaT beaux-arts) dans le cadre de l’atelier « Braconnages », dédié aux pratiques éditoriales dans le champ artistique. Ce projet a été mené en partenariat avec la médiathèque des Abattoirs, dont l’ampleur de la collection de livres d’art et de livres d’artistes offre un terrain propice à qui veut étendre sa culture éditoriale et produire des livres. Au sein de l’atelier, c’est à ces deux activités que se sont consacrés des étudiants inscrits dans les trois options qui structurent l’enseignement à l’isdaT beaux-arts : art, design et design graphique. Au fil de leurs contributions visuelles à cette publication et de trois entretiens réalisés avec des interlocuteurs rencontrés tout au long de l’année — Marc Camille Chaimowicz, Didier Mathieu, Jérôme Saint-Loubert Bié — il est question du plaisir d’agencer des choses ensemble (une définition possible de l’édition), de ce qu’il faut regarder dans les livres et de la façon de les classer dans les librairies et les bibliothèques, des logiques à l’œuvre dans une collection, de la possibilité pour les maquettistes de journaux de bénéficier d’une carte de presse, de la dimension collective du travail éditorial, des frontières entre les différents types de livres et de leurs déplacements, de bibliophilie parfois cheap, de livres d’artistes, de Flaubert et des disques seven tracks, de papiers peints et de cartes postales, de chasse et de mode, etc. S’il est question de « braconnages » ici, c’est en raison de nombreuses incursions interdisciplinaires et du fait d’une relation à la trouvaille, à la prise, que connait bien l’amateur de livres.

« La quatrième classe », commissariat d’exposition [avec Robert Barry, Daniel Buren, Julie Marie Cazard, herman de vries, Amélie Dubois, IKHÉA©SERVICES, Jonathan Monk, Claire Morel, Julien Nédélec, Conny Purtill, Yann Sérandour, Laurent Sfar, Nick Thurston], Florence Loewy… by artists, Paris, 23 novembre – 21 décembre 2013.



l’exposition La quatrième classe réunit diverses propositions artistiques liées au livre et à l’édition (livres d’artistes, pageworks, œuvres se référant à un livre, interventions ayant la bibliothèque ou la librairie comme site), qui ont en commun de donner corps à des réalités discrètes ou inframinces dont l’existence procède d’une absence, et la substance d’une vacance. Ces œuvres se fondent sur la matérialisation du vide, sur la désignation paradoxale de choses non perceptibles, sur l’effacement ou sur la soustraction. Chacun de ces gestes a des implications artistiques et politiques spécifiques mais ils ont en commun une économie esthétique qui conjugue le conceptuel au sensible en faisant apparaître ce dernier là où il n’y a pas ou plus ce qui pourrait s’y trouver. [Photos ci-dessus : Aurélien Mole]

« Emprunts et remédiation », communication lors de la journée d’étude « L’image empruntée : l’artiste comme éditeur », Université Toulouse II-Le Mirail (laboratoire LLA-CREATIS) / Institut supérieur des arts de Toulouse (ISDAT) / musée des Abattoirs, le 24 janvier 2013.

Lorsque les artistes travaillent avec des images empruntées, l’utilisation de ces dernières implique le plus souvent le passage d’un médium et/ou média à un autre : passage d’une forme imprimée à une autre, du livre au web, du web au papier, du papier à l’écran, du cinéma à l’édition, de l’édition à l’exposition, etc. Il s’agit ici d’étudier ces remédiations ainsi que les processus d’adaptation, de traduction et de transposition qui en résultent, afin de saisir quels sont leurs effets sur l’économie et la réception des images.

A kind of « huh? », avec Aurore Chassé, Claude Closky, Information as Material, Julien Nédélec, Ed Ruscha, commissariat : Jérôme Dupeyrat et Maïwenn Walter, Toulouse, Les Abattoirs – Frac Midi-Pyrénées (médiathèque) / Espace d’art de Grenade, novembre 2012 – mai 2013.



« J’ai compris qu’il y avait dans ce livre une chose inexplicable, mais que je recherchais depuis longtemps. Une sorte de ‘hein?' ». Cette phrase de l’artiste Ed Ruscha, à propos de son livre Twentysix Gazoline Stations (1963), pourrait se rapporter aux œuvres réunies dans cette exposition.
Parmi celles-ci se trouvent une installation, des volumes, des vidéos, des photographies, mais aussi de nombreuses éditions d’artistes, dont le fonds de la médiathèque des Abattoirs offre une remarquable connaissance. Des livres et des éditions d’artistes car une médiathèque est l’un des lieux les plus appropriés pour rendre visible ce type de productions. Des œuvres impliquant d’autres médiums que le livre et l’édition, car tout en offrant une alternative au fonctionnement conventionnel de l’art, les livres d’artistes ne constituent pas une sphère autonome, confidentielle ou marginale au sein de la création contemporaine, mais s’y inscrivent pleinement.
Les démarches dont l’exposition rend compte se fondent sur une mise en tension de ce qui est évident et de ce qui est indéchiffrable, de ce qui semble logique ou rationnel et de ce qui semble absurde, de ce qui est affirmé et de ce qui n’est pas dit, de ce qui est simple et de ce qui est hermétique, de ce qui est perceptif et de ce qui est déceptif. De cette tension résulte l’effet « huh? » : un effet ténu, fugitif, variable, qui se manifeste dans ce moment où ayant perçu une chose, on n’en saisit pas encore le sens ou l’objet ; lorsque la contradiction, l’ambivalence, le doute ou la perte de repères se chargent paradoxalement d’une valeur positive et constructive. Car l’effet « huh? » est en fait un moteur du processus de réception esthétique.

Les Livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives [Thèse de doctorat sous la dir. de Leszeck Brogowski], Rennes, Université Rennes 2, 2012.

Cycle de conférences Art & Édition : « All media give shape to experience », École supérieure d’art des Pyrénées – site de Pau, 19 mars 2012.


De la télé au livre imprimé, de l’imprimé à l’exposition et de l’exposition au livre, du livre au web et du numérique au papier : observer quelques objets éditoriaux qui résultent du passage d’un média/médium à un autre, et comprendre les effets de ces processus de remédiation, entre adaptations, traductions, déclinaisons et transpositions.

Cycle de conférences Art & Édition : « Livres d’artistes et pratiques d’exposition », École supérieure d’art des Pyrénées – site de Pau, 23 janvier 2012.


La pratique du livre d’artiste telle qu’elle se développe depuis les années 1960 constitue une alternative critique aux modes traditionnels de production et de diffusion de l’art, dont les expositions sont le dispositif le plus emblématique à l’ère moderne et contemporaine. Pourtant, de nombreuses éditions d’artistes sont éditées par des lieux d’art à l’occasion de tels évènements. De ce constat paradoxal émerge la nécessité d’étudier de plus près les relations entre pratiques d’édition et pratiques d’exposition dans l’art contemporain. Où il apparaît alors que les livres et les éditions d’artistes se positionnent constamment entre pratiques d’exposition alternatives et pratiques alternatives à l’exposition…