OneDayTV

Programmation vidéo avec Charles Atlas, Dara Birnbaum, Jean-Marc Chapoulie, Chloé Munich & Vincent Lalanne, Antoni Muntadas, Nam June Paik, Martha Rosler, Pierrick Sorin, etc., commissariat : Jérôme Dupeyrat et Julie Martin, Trois‿a, Toulouse, 24 novembre 2018. [+]



Conçue sur le modèle d’une grille télé, « OneDayTV » est une programmation vidéo constituée d’œuvres dont certains paramètres sont empruntés à la télévision, qu’il s’agisse de contenus ou de formats (émissions, JT, séries, clips, etc.).

OneDayTV

Texte et notices d’œuvres écrits avec Julie Martin à l’occasion de l’évènement « OneDayTV » à Trois‿a, Toulouse, novembre 2018. [Lire]



Alors que dans les années 1950-1960 la télévision s’installe confortablement et durablement dans l’espace domestique, les artistes entreprennent son exploration, que ce soit en tant que média, objet technologique, source de représentations ou champ culturel. S’ils ont recours à toutes sortes de médiums et de pratiques, la vidéo — dont la production est devenue accessible au grand public à la fin des années 1960 — constitue l’un des principaux éléments déclencheurs de leur intérêt pour la TV et l’un des moyens privilégiés pour l’analyser.
Ces approches vidéo-artistiques de la télévision sont néanmoins de natures diverses. Certains artistes exploitent les propriétés techniques communes à la TV et à l’art vidéo. D’autres appréhendent le canal médiatique de la télévision comme un nouvel espace public de monstration et de diffusion de leur travail, en insérant selon diverses modalités des œuvres vidéo parmi les programmes diffusés sur les chaînes TV. Enfin, certains artistes se sont aussi employés à créer des œuvres vidéo qui utilisent les formats, les modes d’énonciation et les représentations de la télévision (JT, émissions, séries, etc.), souvent en les retournant contre celle-ci à des fins critiques.

Coprésence et coproduction : usages de la photographie et du texte dans les livres d’artistes « conceptuels »

« Coprésence et coproduction : usages de la photographie et du texte dans les livres d’artistes ‘conceptuels' », in Danièle Méaux (dir.), Livres de photographies et de mots, Caen, Minard, coll. « La Revue des Lettres Modernes » / série « Lire et Voir », 2009, p. 157-172. [+]



Depuis les années 1960, les artistes contemporains, et en particulier les artistes conceptuels, ont fait grand usage du livre pour concevoir des œuvres associant texte et photographie, deux matériaux privilégiés de leur démarche. Paradoxalement, alors que le XXe siècle a vu l’avènement d’une culture de l’image (cinéma, télévision, publicité) il a aussi été celui d’un débordement de l’art au-delà de ce domaine auquel il était traditionnellement lié, et parfois même à rebours de celui-ci. Ainsi, le texte fait une irruption significative dans les arts plastiques à l’époque des avant-gardes (cubisme, futurisme, dada). Il devient omniprésent à la fin des années 1960 chez les artistes conceptuels soucieux de rompre avec un art rétinien et d’investir le champ du langage, ainsi que chez de nombreux artistes qui œuvrèrent dans le domaine de la poésie visuelle ou concrète avant d’en venir aux arts plastiques. Mais les années 1960 puis 1970 sont aussi celles du recours de plus en plus fréquent à la photographie en tant qu’outil de démarches artistiques fort diverses. Supposée plus à même d’entretenir un rapport objectif au réel que la peinture, la photographie convainc en effet de nombreux artistes préférant constater et collecter ce qui existe déjà plutôt que créer de nouveaux objets. Toutes ces orientations artistiques, contemporaines de l’émergence du livre d’artiste, nourries par lui et ayant contribué à son développement jusqu’à aujourd’hui, en ont fait un lieu fondamental de conciliation de la photographie et du texte.